QUELLE EST LA SITUATION DE NOTRE ASSOCIATION ?

EDITO SEPTEMBRE 2020

 

Bas les masques ! Un édito sans langue de bois. Quelle est la situation dans nos cinémas ?

Pour commencer, le masque est obligatoire même pendant la séance. C’est comme cela. Pas si grave, on s’y fait. Et si on regarde une comédie, les éclats de rire sont autorisés, ils ne représentent aucun danger !

Le Jeu de paume vient de fermer une semaine, la première semaine de fermeture complète, hors travaux, en 20 ans (au tout début, une pause estivale existait). Pourquoi avons-nous pris cette décision ? Parce que c’est chaud chaud chaud. En quelques mots : après 100 jours de fermeture, l’activité cinéma a repris avec une offre de films, certains très bons, mais globalement, peu de films qui génèrent une envie irrépressible de cinéma. Ensuite, une multitude de facteurs dont on peut débattre sans fin : un été splendide, l’envie d’être dehors après le confinement, la peur de la situation : sanitaire, économique. Bref, moitié moins de spectateurs par rapport à l’été 2018, 70% de moins par rapport à l’été 2019.

Si le chômage partiel a permis de passer le confinement, même si les frais fixes ont continué à courir, à la ré-ouverture, les collaborateurs ont repris leur travail. Partiellement seulement : environ 25% de chômage partiel persiste dans notre organisation.

Nous avons activé l’ensemble des dispositifs d’aide aux associations ayant une activité commerciale. Nous montons encore aujourd’hui des dossiers dans ce sens. Concernant Vizille, la commune est attentive à la situation et apportera de l’aide si nécessaire. Au sujet de Bourg d’Oisans, la commune vient de participer au financement d’un projecteur de remplacement.

Les aides auprès de ces communes seront demandées en dernier ressort, car notre crainte est la suivante : la pente sera longue à remonter avant que la fréquentation soit équivalente aux années précédentes. En tout cas, car chaque semaine contient son lot de surprises, nous estimons à quelques mois le temps nécessaire pour que les étoiles s’alignent à nouveau pour une vie heureuse pour tous. Donc il va falloir tenir sur la longueur, alors que nos fonds propres ont déjà fondu durant la période de confinement à zéro recette, mais aux frais fixes maintenus.

Par ailleurs, nos amis américains, encore plus embourbés que nous dans cette pandémie ont que très partiellement ré-ouverts leurs cinémas et bloquent le marché international. Les films américains représentent 40% de la fréquentation…

Alors on fait quoi ?

On avance, mais prudemment ! Le sens premier de nos salles est de présenter des films de qualité avec un accueil de qualité. On va le faire, un peu autrement, avec un peu moins de séances.

Le Festival du Film pour Enfants est repensé lui aussi : d’abord parce que c’est un événement très conséquent et aux risques financiers qui le sont tout autant, ensuite parce que nous ne connaissons pas la réaction du public par rapport à un événement rassemblant beaucoup de monde, enfin parce que nous devons très en amont prendre des décisions sans connaitre, comme tous, quelles seront les conditions d’accueil du public à la date de réalisation.

Le maintien du chômage partiel limite aussi notre capacité de réactivité, nous cherchons la solution moyenne pour qu’elle impacte dans l’immédiat le moins possible votre attrait pour nos salles.

Le pari se résume ainsi : continuer à vous offrir le cinéma dans sa grande diversité tout en limitant les prises de risque pour garder des forces le temps de la traversée du tunnel.

Et pour traverser ce tunnel, nous aurons besoin de vos éclairages : bien sûr en venant en salle voir du cinéma ! Mais aussi par une nouvelle forme de vie associative de vos salles, où la solidarité prendra des nouvelles dimensions.

Cet édito se regarde un peu le nombril, veuillez nous en excuser. Bien entendu, ce qui traverse notre association traverse notre pays dans son ensemble, et là aussi, nous nous devons d’imaginer de nouvelles solidarités.

Sinon… Bonne rentrée à tous.

Jacques Richer, directeur.
jricher-lca@orange.fr