Ciné-Débat : J’veux du soleil

Tarif unique pour tous à 5€

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Soirée suivie d’un échange à l’issue du film.

…Trois ans après le phénomène “Merci Patron !”, le journaliste François Ruffin, devenu député France insoumise de la Somme, s’est associé au réalisateur Gilles Perret (“Les Jours heureux”, “La Sociale”…). Le film est tourné sous forme de “road-trip” à la rencontre des Gilets Jaunes. Ils capturent ces instants et saisissent sur le vif les visages et les voix. C’est vivant, drôle, sérieux, touchant.

« J’ai changé les plaquettes de frein et le liquide de refroidissement. 350 chez Norauto… » » C’est parti pour un road-movie dans la France d’aujourd’hui! Avec leur humour et leur caméra, Gilles Perret et François Ruffin traversent le pays: à chaque rond-point en jaune, c’est comme un paquet- surprise qu’on ouvrirait. Qu’est-ce qui va en sortir ? Des rires ou des larmes ? De la tendresse ou de la colère ? De l’art ou du désespoir ? Les deux compères nous offrent des tranches d’humanité, saisissent cet instant magique où des femmes et des hommes, d’habitude résignés, se dressent et se redressent, avec fierté, avec beauté, pour réclamer leur part de bonheur.

Dès les premières images du film, le ton est donné. Loin des propos caricaturaux répétés à l’envi par la majorité des médias et bon nombre de personnalités politiques sur le mouvement des Gilets jaunes (« des radicaux qui font le jeu des extrêmes »), nous partons à la rencontre de ceux qui, en cette fin de mois de novembre 2018, occupent les ronds-points pour se faire entendre. Et c’est une claque. Si forte qu’elle met à bas bien des idées reçues. Qui sont ces gens ? Des modestes, qui n’ont pas forcément une grande expérience militante, que l’exaspération a fait sortir de chez eux. Ils découvrent qu’ils ne sont pas seuls, que la honte de leur condition qu’ils traînent en silence peut enfin s’exprimer, se partager. Ils font l’expérience de la solidarité, de la chaleur humaine, de l’amitié. Pas facile de maintenir une vie sociale quand on est au bord du gouffre, acculé à la vraie pauvreté. On les a accusés d’avoir la vue courte (peut-on réclamer un accès bon marché au gasoil alors que la planète est déjà tellement menacée ?), d’avoir comme seul moteur une hausse du pouvoir d’achat et le droit à consommer… On est loin du compte. Ils ne manquent pas du superflu, mais du minimum vital.

L’urgence du tournage et du montage est perceptible, mais cette forme, loin de nuire au film, lui donne sa signature et fait écho aux personnes rencontrées, et au mouvement lui-même. Il fallait agir, ici et maintenant.
Il se dégage de ces portraits une grande humanité, de l’humour aussi, et beaucoup d’esprit… En somme, quelque chose qui change le regard qu’on porte sur ceux dont on ne parle pas, si ce n’est pour en faire la caricature.

Les avis sont unanimes. Et enthousiastes. Un film à montrer, absolument.