CINÉ-RENCONTRE “LA MAISON DES FEMMES”

BILLETTERIE

EN PARTENARIAT AVEC LA CPTS DRAC SUD
La CPTS Drac Sud, Communauté Professionnelle Territoriale de Santé, a pour but de permettre aux professionnels de santé et aux habitants d’être acteurs de l’organisation des soins et de la prévention sur le territoire. C’est également de proposer des solutions concrètes pour fluidifier les échanges et coordonner les actions interprofessionnels de santé entre la ville et l’hôpital.

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Le mardi 10 mars à 20h, nous vous proposons une soirée autour du film  “La Maison des femmes”. Nous recevrons des intervenants de la Maison des femmes de Grenoble, du réseau V.I.F. (Violences Intra Familiales) de Pont de CLaix / Vizille et des professionnels de santé, formés au recueil de la parole des victimes.

LA MAISON DES FEMMES – Un film de Mélisa Godet – Avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara – Durée 1h50

Synopsis : À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

ENTRETIEN AVEC MÉLISA GODET

Racontez-nous la génèse du film…

“On était fin 2016. Un jour à la radio, j’entends Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne, parler de la Maison des Femmes qu’elle venait de créer à Saint Denis, des parcours de soin et des différents professionnels, médecins, psychologues, avocats, juristes, policiers, artistes parfois… qui y croisaient leurs compétences et leur énergie pour aider les femmes victimes de violence à se reconstruire. En tant que femme et citoyenne, je me suis dit que c’était formidable qu’un tel endroit puisse exister. Et, en tant que scénariste et réalisatrice, j’ai tout de suite pensé que ça ferait un sujet de film génial, le genre de sujet que j’avais envie de porter au cinéma. Un film choral, un film avec du fond sur un sujet important et un film lumineux aussi. Le sujet m’est resté en tête… Restait à convaincre Ghada d’accepter de nous laisser, ma productrice Emma Javaux et moi, faire un film sur son histoire et sa maison. 

Quelle a été sa réaction ?

Elle a été dubitative. Elle n’a pas cru tout de suite qu’on y arriverait et l’idée de se voir devenir un personnage de film, c’était étrange pour elle. Mais je n’étais pas arrivée devant elle les mains vides. L’avantage est que, pour que cet endroit existe, Ghada a dû et doit encore faire beaucoup de bruit pour faire parler de la Maison des Femmes et de ce qui s’y pratique. J’avais donc accès à une énorme masse de documentation. Je suis venue la voir avec un premier traitement, comme base de discussion et gage de notre sérieux. Ghada s’est peu à peu laissé convaincre. En posant une condition : elle tenait à ce que le personnage qui allait la représenter soit complètement assumé comme un personnage de fiction.

Vous abordez le film du point de vue des soignants au moment où La Maison des femmes, qui fêtera ses 10 ans cette année, a déjà quelques années d’existence et voit poindre la pandémie de coronavirus…

Très vite j’ai choisi de traiter le film par le prisme des soignants qui portent ce lieu et de faire un petit saut dans le temps par rapport à sa création. Cette maison, j’avais envie de la montrer en fonctionnement, bouillonnante de vie et d’activités, avec des équipes rodées et des patientes à différents stades de leurs parcours de soin. J’avais une conviction : je ne filmerais pas de séquences de violence. Ce n’était pas l’endroit où je voulais aller. Je ne voulais pas faire de ces violences une matière esthétique.

Le scénario est un véritable travail de dentelle qui même les trajectoires de nombreux personnages, tant chez l’équipe soignante que chez les patientes…

J’ai une passion pour le film choral ! C’est toujours un canevas qui prend du temps mais c’est passionnant à travailler. Ici, il a fallu entremêler les cheminements des
unes et des autres, chercher des échos dans la vie de ces soignantes et dans celle des patientes, tout ça dans une trame plus générale autour de la survie de cette maison qui est un personnage à part entière.
J’ai été nourri par mes discussions avec Ghada et la documentation dont je disposais. Certaines choses m’ont immédiatement évoqué des séquences, cette scène à l’atelier de bijoux, par exemple, où l’on voit Coumba, une patiente, demander à un membre de l’équipe de garder le collier de perles qu’elle vient de créer dans une armoire où d’autres colliers s’alignent déjà. Cette scène est née du témoignage d’une des personnes qui gère cette activité. Elle racontait que beaucoup des femmes de l’atelier ne pouvaient pas ramener leurs créations, que ça pouvait les mettre en danger et qu’elle était devenue la gardienne de leurs trésors. On lit ça, on a envie que ce soit à l’écran. J’ai compris aussi que la plupart de ces soignantes ne sont pas là par hasard. Il faut beaucoup d’abnégation, être convaincu de la nécessité de son action pour exercer. On ne rentre pas chez soi indemne. Il y a souvent un lien entre ces soignantes et ces patientes ; un passé, une histoire qui fait écho…